Derniers rappels - Alex Robinson

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Excellent roman graphique choral, Derniers rappels fait s'entremêler les voix et les destins de divers personnages : Ray Beam, rock star en mal d'inspiration depuis cinq ans jouit encore d'une fortune aisée et d'une bonne réputation dans le milieu. Lily, intérimaire dans la maison de disque de Ray, va voir sa vie complètement chamboulée après avoir osé adresser la parole au grand Ray. De son côté, Steve, obscur petit informaticien, misanthrope et obsédé par le sexe (qu'il pratique surtout en pensée et en solitaire) s'enfonce peu à peu dans la folie après qu'il a décidé d'arrêter le traitement qui le maintenait dans la réalité. Caprice, elle, s'ébat joyeusement dans le restaurant où elle travaille comme serveuse. Elle rêve d'amour après une histoire douloureuse et trouve en ses patrons, un couple d'homosexuels, de vrais confidents qui la couvent d'une affection paternelle. Alors que Caprice entame une jolie histoire avec un serveur attentionné, elle se laisse aussi séduire par Nick, faussaire en autographes et employé par un patron russe aux méthodes peu orthodoxes. La jeune Phoebe entame un long voyage en car à la recherche d'un père qu'elle ne connaît pas, sans être sûre de ce que ces retrouvailles seront les bienvenues.
Il serait bien trop long (et même dommage) d'en dire plus. Une fois les personnages installés, Alex Robinson déroule, comme un compte à rebours, en 49 chapitres, quelques semaines (mois ?) de la vie de ces protagonistes. Une vie où le temps semble soudain s'accélérer pour prendre un tournant qui les marquera, chacun, à jamais. Aucune décision, aucune rencontre voire aucun geste parfois n'est ici totalement "innocent" et trouve écho chez l'un ou l'autre des personnages. L'effet papillon en quelque sorte.
Encore une fois (j'avais aimé il y a quelques années  De mal en pis du même auteur), il faut saluer le talent de Robinson à peindre de beaux portraits de personnages, bien plus complexes qu'ils n'en ont l'air au premier abord (dont la plupart sont terriblement attachants) et à faire inexorablement se croiser les destinées. 

 

Derniers rappels d'Alex Robinson (traduit de l'américain par Sidonie van den Dries). Ed. Rackham/ 2006.

Publié dans Des bulles dans la mer

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