Petite Loute devient grande... un peu vite
La Loute a des idées bien arrêtées et de grandes convictions concernant son avenir. A l’adolescence, elle sera gothique (eh oui !) et adulte, elle travaillera dans la police scientifique (merci les séries télé !). Prenant son futur métier très au sérieux, elle me demande, il y a quelques semaines, si elle peut emprunter des livres policier au département adultes de notre chère médiathèque, avec ma carte. Bien entendu, j’ai répondu non et nous avons essayé de trouver des petits polars adaptés à son âge. Mais que nenni, la demoiselle voulait entrer dans le monde des grands tout de suite de ce côté-là. En fouillant dans ma bibliothèque (celle-ci étant physiquement inexistante, mes livres s’entassent en piles le long d’un mur – donc quand j’évoque la fouille dans ma bibliothèque, on frise l’archéologie!), je déniche un vieux Agatha Christie de mon adolescence lointaine. « Essaye celui-là, au moins pour voir si tu arrives à le lire » dis-je à ma fille trop heureuse d’attaquer un livre de grand. Et bien, figurez-vous qu’elle l’a lu – pas encore en entier, il lui reste un chapitre – alors que j’étais persuadée qu’elle abandonnerait assez rapidement. Du coup, vite il va falloir en acheter d’autres m’a-t-elle d’ores et déjà annoncé.
Non contente de passer à neuf ans à peine de la bibliothèque rose à Agatha Christie, elle s’est découvert une nouvelle lubie la semaine dernière. Un de mes amis - à qui Emma adore demander de lui raconter des histoires et qui la satisfait admirablement depuis plusieurs années - se met à lui raconter la nouvelle "Le K" de Buzzati. Joueur, il ne lui dévoile pas la fin. Du coup, urgence le lendemain matin : direction la médiathèque pour trouver la fameuse nouvelle et avoir le fin mot de l’histoire. En lieu et place de l’album que nous lisons ensemble le soir, me voilà devenue lectrice de nouvelles de Buzzati. Et comme La Loute confiait à ce même ami, son goût pour « tout ce qui est fantastique et qui fait peur », il glisse subrepticement le nom de Maupassant. Ok, nous convenons que c’est tout de même un peu compliqué pour elle. Mais la Loute a des ressources et des idées fixes… donc emprunt aussi de nouvelles fantastiques de Maupassant. Cette semaine, elle m’a appelé pour m’annoncer fièrement qu’elle avait fait acheter par son père un gros recueil de contes fantastiques de Maupassant.
Allez j’avoue tout cela me fait plaisir, d’autant plus que je suis une grande fan de nouvelles et de Maupassant, même si je trouve que ça va un peu vite. Mais moi qui ai l’habitude de me réfugier dans les livres depuis si longtemps, je ne peux qu’encourager sa soif de découverte. Promis, ce soir, je lui montre ma Pléiade de Maupassant.
Au fait, la semaine dernière, l’autre desiderata de la Loute était la création d’un blog. Voilà chose faite et c’est par ici.