Haute sécurité
Pièce en un seul acte, un seul chœur, une seule voie : ce sous-titre résume à lui seul ce court texte.
Un seul acte comme une vie sans rebondissements, où le sentiment n’existe pas, où le sentiment est pourchassé parce qu’il est synonyme de débordement. Impensable dans une société réglée au cordeau.
Un seul chœur : « Jamais un sans deux, jamais deux sans trois, jamais toi sans moi, c’est la loi ». Ils ont beau être trois, ils ne font qu’un. Ici pas de place à l’individualisme, on peut entendre qu’une seule voix; la discordance n’existe pas.
Une seule voie et jamais un pas de côté. Ils cherchent, tracent des lignes : dans quel but ? Aucun peut-être mais tout le monde le fait, doit le faire, c’est ainsi.
Très court texte théâtral, Haute Sécurité évoque une société aseptisée, contrôlée où le moindre manquement à la norme provoque le remplacement de l’être « défectueux » comme on remplacerait une machine. D’ailleurs des machines, c’est ce qu’ils sont devenus ces personnages qui ont oublié qu’ils avaient une âme.
Il faut reconnaître à Isabelle Marsay l’art de la concision : en peu de pages et de mots, l’auteur dresse le tableau d’une société effrayante de déshumanisation, rappelle ce qu’elle a été auparavant (un monde où chaque être était un individu à part entière) et montre un dysfonctionnement et son règlement, laissant peu d’espoir quant au devenir de ce monde figé. Pour autant, ce texte ne m’a pas vraiment emballée : le thème manque, à mon goût, d’originalité et la concision est ici à double tranchant, me laissant sur ma faim…
Haute Sécurité d’Isabelle Marsay. Les soleils bleus Editions/ 2010.
Lu dans le cadre d'un partenariat Blog-O-Book et Les Soleils Bleus Editions: merci à BOB et à l'éditeur pour l'envoi de ce titre.
Et puisqu'il s'agit de théâtre, il entre dans le défi de Leiloona:
