Elle s'appelait Sarah
Julia Jarmond, la quarantaine passée, vit depuis plus de vingt ans à Paris. Journaliste pour un magazine américain, elle est chargée d’un article sur la commémoration du 60ème anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv – une histoire qu’elle découvre avec horreur et qui laissera dans sa vie une trace indélébile.
En parallèle de l’enquête journalistique de Julia, on suit l’histoire de la jeune Sarah, qui fera partie de ces quelque 4000 enfants juifs raflés le 16 juillet 1942, parqués au Vélodrome d’Hiver avant d’être conduits vers la mort. Des familles entières anéanties en quelques jours, sur ordre des Allemands, par la police française.
Alors que Julia et sa famille, son mari Bertrand et leur fillette Zoë, s’apprêtent à emménager dans l’appartement de la grand-mère de Bertrand, la journaliste découvre avec effroi que l’appartement a été occupé par une de ces familles victimes de la rafle. Et qu’une histoire terrible s’y est déroulée en 1942.
Mêlant enquête historique, portrait de femme et secrets de famille, Elle s’appelait Sarah se révèle un livre riche. La quête de Julia pour retrouver Sarah et réhabiliter sa belle-famille auprès d’elle se double d’une quête plus intime : celle d’une femme à la recherche d’elle-même. Exilée volontaire en France, Julia n’en reste pas moins l’Américaine pour beaucoup de ceux qui l’entourent et même dans les propos sarcastiques de son mari, qu’elle supporte de plus en plus mal. Epouse, elle sent son couple partir à vau-l’eau, les petits agacements, les incompréhensions et les non-dits s’exacerbent. Mère d’une fillette qui fait sa fierté, Julia n’en est pas moins une femme blessée par les fausses couches à répétition, par cette douleur qui plane sur son couple. La quête acharnée de Julia va l’emmener bien plus loin qu’elle ne pouvait l’imaginer, au cœur de l’Histoire, au plus près de l’horreur et dans les secrets de famille, celle de Bertrand mais aussi de Sarah.
Alors, j’arrive un peu tard, toute la blogosphère et même plus ayant déjà découvert ce titre à succès depuis longtemps mais mieux vaut tard que jamais, n’est-ce pas ? Il attendait sagement dans ma PAL, offert par Laure il y a déjà un bon moment et gentiment dédicacé par Tatiana de Rosnay : merci à elles ! Elle s’appelait Sarah fut un agréable moment de lecture et je suis contente de l’avoir exhumé de ma PAL au moment où je compte bien reprendre un rythme normal de lecture… ce roman est arrivé à point nommé ! J’ai aimé passer du temps avec Julia, femme en pleine transformation, gagnant en force au fil du roman, nourrie par l’histoire de Sarah qui semble lui apporter le but qui lui manquait pour prendre sa vie à bras le corps.
Elle s’appelait Sarah de Tatiana de Rosnay (traduit de l’anglais par Agnès Michaux). Editions Héloïse d’Ormesson/ 2007.
Une lecture qui fait partie de ma liste pour le challenge d’Audouchoc, Les coups de cœur de la blogosphère : Elle s’appelait Sarah est le coup de cœur de Suffy !
Et comme je suis la pro du 2 en 1 (au minimum !), Elle s’appelait Sarah sera ma participation de décembre à l’Objectif PAL ! d’Antigone.