Addict à la lecture publique
Pendant longtemps, très longtemps, je ne fréquentais pas ou peu les bibliothèques et autres médiathèques. A part quelques heures passées au CDI du collège, les bibliothèques ne se limitaient pour moi qu'à un endroit reposant pour réviser ou aller chercher de l'information (pas d'internet à l'époque mais d'énormes encyclopédies sur les tables). Les livres lus pour le plaisir - et même ceux pour les cours - je les achetais quand je pouvais. J'avais besoin de posséder l'écrit, de le savoir à moi.
Après cinq ans de bons et loyaux services en tant que libraire, j'ai eu du temps libre (le chômage) et surtout l'envie de le prendre pour moi ce temps, de me reposer de toutes les petites mesquineries des derniers mois. J'ai passé quasiment deux mois à lire. Et pour m'approvisionner, je suis allée m'inscrire à la médiathèque de la ville. C'était il y a sept ans et je n'ai, depuis, cessé de la fréquenter. J'ai souvent râlé sur le manque de compétences, d'intérêt et de sourire des employés (et franchement, j'aurais du mal à en dire du bien - sauf en section jeunesse!), du rayon "romans" qui correspond rarement à ce que j'ai sur ma liste. Mais ce n'est pas grave, j'aime aller y flâner, faire la chasse aux nouveautés, emprunter mon sacro-saint magazine "Danser" (et c'est bien le seul endroit où je peux le dénicher vu qu'il ne se vend plus en kiosque par ici - sans doute parce que nous n'étions que deux à l'acheter ;-). Je connais même la deuxième acheteuse! Tout autre personne (ou presque) me prenant a priori pour une fille bizarre quand j'évoque cette publication, j'imagine que le chaland ne se bousculait pas.) Je fouine au rayon BD et je trouve presque toujours quelque chose à me mettre sous la dent et la section jeunesse est bien fournie.
Et puis, il y a quelques mois, je découvrais la section Ados de la médiathèque de la ville voisine à laquelle je n'ai, bien entendu, pas voulu résister. Le rayon BD y est également en plein développement donc je souris!
Et tout à l'heure, sur les conseils bienheureux de XL, je suis allée faire du repérage dans la nouvelle médiathèque de mon quartier. Là, on vous accueille avec le sourire et un gentil monsieur m'a même fait visiter les lieux. En raison d'un manque d'anticipation totale de ma part, j'ai dû repartir bredouille mais j'y retourne demain avec tous les papiers nécessaires à mon inscription. Déjà repéré des BD et surtout des DVD, histoire de parfaire ma culture cinématographique, dont "Allemagne année zéro" de Roberto Rossellini évoqué par Guillaume Guéraud dans son délicieux Sans la télé. Côté jeunesse, je sais que m'y attendent sûrement de belles surprises, la sélection ayant été réalisée par une amie, grande spécialiste.
Sans la lecture publique, ma PAL serait certes bien moins grande (mais ce serait bien moins marrant et il paraît que quand on aime, on ne compte pas…), ma banquière ferait encore plus la tête (si c'est possible), je vivrai dans la frustration la plus totale (et quand je suis frustrée, je suis extrêmement désagréable).
Vive les bibliothèques, vive les médiathèques et tous ceux qui contribuent à leur belle marche!