Mercredi 16 juillet 2008
Juliette sort de prison où elle a passé quinze ans. Léa, sa jeune soeur, l’accueille dans sa famille entre son mari, Luc et ses deux filles. Pas facile pour Juliette de réintégrer la vie, celle du dehors, ni la famille. Pas facile pour Luc, le mari de Léa, d’accepter cette soeur meurtrière, surgie de nulle part. pas facile pour Léa de créer un lien, de retrouver l’amour qui les liait. Parce que pendant quinze ans, la famille a tout fait pour oublier, effacer cette enfant qui faisait honte. Et Léa, petit à petit, renoue avec cette soeur qu’on lui a sommée d’oublier - mais qui n’a jamais cessé d’être présente. Comme une blessure jamais refermée.

Philippe Claudel, l’auteur entre autres des Ames grises, signe un premier film réussi et terriblement émouvant. La distribution est superbe : Kristin Scott-Thomas en femme brisée (Juliette), Elsa Zylberstein en soeur en manque d’amour (Léa), Serge Hazanavicius en mari gêné (Luc). Il y a aussi la jeune demoiselle qui incarne une des filles adoptives de Léa et Luc, pleine de vie et d’interrogations. Et Laurent Gréville, touchant dans ses hésitations, son amour naissant, ses tourments. Il incarne Michel, un ami de Léa mais pour qui connaît un peu la biographie de Philippe Claudel, pas de doute possible, Michel c’est lui.

Philippe Claudel a touché l’art de filmer les gênes, les tensions, les hésitations, les silences. Seul un regard parfois habite l’écran et dit mille fois plus que les mots, dont l’auteur-scénariste-réalisateur sait d’ailleurs se passer quand il le faut. Le film se déroule dans une tension constante qui m’a fait plus d’une fois monter les larmes aux yeux. Et à en juger par les reniflements dans la salle, je n’étais pas la seule concernée ;-) Je l’ai déjà vu deux fois et à chaque séance, l’émotion m’a prise à la gorge, restant encore longtemps palpable. Voilà un très très beau film, servi par de merveilleux acteurs, un film qui remue, tout simplement. Sans aucun doute, un de mes coups de coeur cinématographiques de ces dernières années.

Il y a longtemps que je t’aime écrit et réalisé par Philippe Claudel (2008) avec Kristin Scott-Thomas, Elsa Zylberstein, Serge Hazanavicius, Laurent Gréville.




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Samedi 21 juin 2008

Samedi j'avais "Rendez-vous à Brick Lane" pour y rencontrer une femme magnifique qui a su conquérir sa liberté. Dimanche, je suis allée écouter un "Conte de Noël" somptueusement cruel. Mercredi, c'était la valse des amours et des incertitudes du "Modern Love" qui m'ont fait sourire. Jeudi, ce sont plutôt les silences, les non-dits, les gênes et l'air d'un "Il y a longtemps que je t'aime" qui m'ont émue aux larmes. Vendredi, j'ai vu des extraterrestres, des vaches, des mariés, des vieux qui s'aimaient, se déchiraient, se mentaient. (Euh oui, c'est plus difficile d'intégrer un titre de film, c'était une série de courts-métrages ;-)
Est-ce que je pourrais passer ma vie au cinéma? D'après vous?

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Dimanche 4 novembre 2007

film.jpgAlors qu’elle rentre de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que son frère jumeau, Loïc, a quitté la maison suite à une dispute avec son père. Sans nouvelle de ce frère habituellement si proche, Lili n’arrive pas à se faire à sa disparition. Elle l’imagine mort, reproche à ses parents leur inertie, en veut à son père d’être la cause de ce départ. Lili arrête alors de s’alimenter. Elle est dans un état critique lorsqu’elle reçoit une carte de Loïc, la première d’une longue série, qui redonne un souffle de vie à ce corps brisé. Lili survit plus qu’elle ne vit, se raccrochant aux courtes nouvelles envoyées des villes où erre son frère, la guitare à la main. 
J’avais entendu parler de ce film, de la prestation remarquée de Mélanie Laurent mais j’étais totalement passée à côté lors de sa sortie en salle. Cette erreur est à présent réparée et ce film beau, touchant, poignant et pudique m’a laissée sans voix. Les interprètes y excellent : la jeune Mélanie Laurent en sœur perdue, Kad Merad en père désabusé, Julien Boisselier en amoureux transi, Isabelle Renaud en mère blessée. Jusqu’au dénouement, on se prend à espérer avec Lili. On n’ose à peine croire à la vérité terrible et inimaginable. Une magnifique histoire d’amour filial teintée d’horreur.

Film : "Je vais bien, ne t’en fais pas" de Philippe Lioret ( scénario : Philippe Lioret et Olivier Adam/ adapté du roman éponyme d’Olivier Adam) avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renaud, Aïssa Maïga.

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Lundi 9 avril 2007

Petite soirée théâtre la semaine dernière... et pur moment de bonheur!

En bref, le pitch : à la mort de son mari, Bernarda Alba « condamne » ses cinq filles à huit années de deuil ; un enfermement que trouble à peine le soleil filtrant par les persiennes. Les cinq jeunes femmes se morfondent entre ennui, hypocrisie, petites jalousies et fantasme : celui de l’amour et de l’homme. L’aînée, la seule à hériter de la fortune paternelle peut prétendre au mariage et son parti semble intéresser un jeune homme de la ville, Pépé le Romano. Cette union quasi inespérée – cette sœur ayant déjà 39 ans – suscite parmi la fratrie bien des convoitises.

Le texte ne m’était pas inconnu et avait d’ailleurs suscité mon envie d’aller voir la pièce. Mais le spectacle fut au-delà de toute attente. La mise en scène très particulière d’Andrea Novicov en a fait un moment de théâtre absolument sublime ! L’accueil dans la salle d’abord : une petite jauge de 200 places mais en lieu et place des traditionnels fauteuils, de simples bancs en bois… pas très confortables, il faut le dire. Un inconfort pourtant bien vite oublié devant tant d’ingéniosité. Nous voilà donc installés sur des bancs et la scène ouvre sur un castelet géant, comme dans un théâtre de guignol. Tous les personnages ont l’air de marionnettes, engoncées dans leurs costumes sombres. Et cette pièce au fond tragique réussit à nous faire rire ! On passe du rire aux larmes, en enlevant rien à la force du texte initial. Tout y est : le joug d’une matriarche implacable, le sort triste de femmes qui ne connaîtront jamais le bonheur, les amours impossibles, les lâchetés, le drame annoncé qui se joue dans l’ombre de la nuit propice aux amours illicites et pourtant on arrive à en rire tant la mise en scène et le jeu d’acteur mêlent efficacement comédie et tragédie. Un bien bel hommage à Garcia Lorca – lui aussi amateurs de marionnettes – et une heure et demie de théâtre inoubliable pour les spectateurs ébahis dont je faisais partie. Alors, s’ils passent du côté de chez vous, n’hésitez pas et courez acheter des places ! Jubilatoire !

 

La Maison de Bernarda Alba d’après Frederico Garcia Lorca

Mise en scène d’Andrea Novicov, création de la Compagnie Angledange

 

par l'encreuse publié dans : vies vues
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Mardi 1 août 2006

Je n'ai pas beaucoup de temps alors je copie-colle le synopsis d'Allo Ciné:

Renvoyé de la prestigieuse université de Harvard pour un délit qu'il n'a pas commis, Matt Buckner part se faire oublier chez sa soeur en Angleterre. Là-bas, il découvre la fièvre qu'engendre le football, et surtout les groupes de supporters qui défendent l'image et la réputation de leur club comme une religion.
Sensible à l'esprit de camaraderie et à cette volonté d'absolu, Matt se laisse entraîner, mais prend aussi peu à peu conscience des coulisses d'un sport dont les joueurs sont les seigneurs et les fans les mercenaires... Ces cercles très fermés sont prêts à tout pour renforcer leur réputation et asseoir leur suprématie. La compétition ne se déroule pas que sur les stades, et entre ces groupes extrêmes, il n'y a jamais d'arbitre.
Face à sa conscience et son passé qui le rattrape, Matt va devoir choisir ses règles du jeu...

J'avais très peu entendu parler de ce film et ce fut une agréable surprise: un casting vraiment bon et une caméra au plus près des acteurs qui vous font entrer dans l'action dès le départ. Après on ne décolle plus, pris aux tripes par la violence, filmée de manière réaliste et juste mais aussi originale (quasiment chaque bagarre est filmée en utilisant divers procédés). Les acteurs principaux, Elijah Wood et Charlie Hunnan donnent chair et dimension à leurs personnages. Le film ne donne aucune morale mais fait plutôt un état des lieux de ce phénomène, les Hooligans - que nous médiatisons lors des grandes rencontres internationales mais qui se vit au jour le jour de l'autre côté de la Manche. Attention, âmes sensibles s'abstenir: la violence est omniprésente et déborde de l'écran mais elle n'est jamais gratuite. Un film dur et réussi.

par l'encreuse publié dans : vies vues
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