La capitainerie

Voyages à venir

Des envies piochées par-ci par-là et rassemblées ici pour ne rien oublier!

vies vues

Mercredi 26 juillet 2006

La fête du cinéma chez nous, c'était lundi et mardi. Enfin, on en a même deux! Eh oui, il y a deux concurrents sur la place alors on a deux fêtes! La prochaine est pour ce week-end. Autant dire que le choix n'était pas vraiment mirobolant - à moins de migrer vers le grand multiplexe en dehors de la ville (et encore!) et en journée. Comme d'une part, je n'ai plus de voiture et d'autre part, je bossais, nous nous sommes donc rabattus sur les scéances de fin de journée et de soirée, en tentant de trouver le moins pire d'une programmation estivale (enfin ici c'est l'hiver) en général peu avenante. Et l'on se réconfortait en se disant qu'un mauvais film à 2 euros était toujours moins douloureux qu'un mauvais film à 8 euros, non?

 

Premier jour:

Lundi, 18h: "Da Vinci Code" de Ron Howard (je vous passe le casting et le synopsis que tout le monde connaît à moins d'avoir hiberné pendant deux ans dans les contrées les plus reculées du Groenland). Nous n'avions pas lu le livre, en avions abondamment entendu parlé et avions également boudé la sortie du film. Mais bon, 2?, on peut faire un effort. Je n'aurai qu'un mot: "voilà c'est fait!" (enfin quatre). Si l'on a pu se laisser entrainer dans la première partie du film par une intrigue assez intéressante, il y a bien trop de longueurs et de rebondissements à n'en plus finir à mon goût pour qu'il devienne un film agréable à regarder. L'inévitable Jean Reno en flic austère était déjà un premier point noir, un dénouement plutôt tiré par les cheveux et près de trois quarts d'heure de mortel ennui. Bon reconnaissons qu'il y a quelques bons acteurs et les trouvailles de réalisation pour les flash-backs sont sympathiques. Mais il ne faut pas non plus en abuser car ce n'est pas parce qu'on a eu une idée intéressante qu'il faut sans cesse la répéter, au risque de parfois prendre le spectateur pour un imbécile (et que quand les héros ils sont cachés dans la voiture, le spectateur il a compris qu'ils ont réussi à s'échapper de l'avion. Alors Ron Howard, t'es pas obligé de faire un flash-back (même joli) pour nous le montrer! Tu vois après ça donne plein de petits bouts en trop et puis pour finir ton film il est trop long!). Tellement long qu'après je n'avais plus envie d'aller au ciné alors on est allé boire de belles ambrées aux Trois Brasseurs.

 

Second jour:

Avant tout, une petite bière pour cloturer la journée de travail qui s'achève et se réjouir de la soirée qui s'annonce!

 

Mardi 18h: "Quatre étoiles" de Christian Vincent avec Isabelle Carré, José Garcia et François Cluzet. Brièvement l'histoire: Franssou, une institutrice parisienne hérite d'une vieille tante de 50 000 ?. Elle se réjouit, écoute vaguement les conseils de son entourage puis d'un coup disparaît. On la retrouve dans un palace de la côte cannoise où elle a bien l'intention de dépenser cet argent tombé du ciel. Elle y rencontre Stéphane, escroc multi-cartes, qui en veut à son argent. Mais la maligne demoiselle ne se laisse pas si facilement piéger et de fil en aiguille, ils vont s'associer pour tenter d'escroquer un malheureux pigeon, ancien pilote de Formule 1. Une comédie qui se laisse regarder en souriant (j'attendais, au vu des critiques lues sur internet, des dialogues savoureux, de ce côté-là je suis restée sur ma faim) avec comme valeur sûre de bons comédiens: passons sur José Garcia qui est bon mais dans un registre déjà vu et revu et arrêtons-nous sur une Isabelle Carré adorable dans ce personnage de fausse naïve, fraîche et sensuelle. Je la connaissais dans des rôles plus dramatiques (sa magnifique performance dans "Se souvenir des jolies choses" de Zabou Breitman) et je la trouve ici rayonnante. Confirmation d'un talent qui balaye tous les registres. Un coup de coeur particulier pour François Cluzet qui campe admirablement un personnage has been, benêt, gauche, attendrissant. Voilà lui il m'a fait rire dans ce film. Rien de transcendant donc mais une petite comédie agréable pour commencer la soirée.

 

Sortie du ciné, il est 19h40 et le prochain film est à 21h au même endroit. Pourquoi ne pas aller boire une petite bière dans ce petit bar sympathique qui avait déjà accueilli nos libations précédentes? Quelques bières, un petit grignotage et vite, il est 21h! Qu'est-ce qu'on va voir? Ben je ne sais, ça s'appelle "Walk the line" et cela ne me dit rien mais bon, on verra bien.

 

Mardi 21h: "Walk the line" de James Mangold avec Joaquin Phoenix et Reese Whiterspoon. En voyant, Joaquin Phoenix, j'ai une illumination: c'est le film sur le chanteur "jenesaisplusqui" dont j'ai entendu parler! Effectivement, "Walk the line" conte l'histoire de Johnny Cash, le chanteur rock-country des années 50/60. Une vie dont la musique et l'amour sont les moteurs, une vie que la mort d'un frère a ternie, une vie à chercher la reconnaissance d'un père: un mariage qui tourne court, une descente dans les enfers des amphétamines, un talent incontestable, des paroles fortes et touchantes et une obsession, June Carter (chanteuse country de l'époque). Le film tourne d'ailleurs autour de la conquête de cet amour, l'accent est véritablement mis sur l'homme plus que sur la vie artistique même si les deux sont intimement liés. Ce que nous montre des tournées est révélateur de ce que je tente d'expliquer: imaginez fin des années 50, réunissez dans un même bus partant en tournée autour des Etats-Unis Johnny Cash, Elvis Presley, Jerry Lee Lewis. Connaissant les réputations de chacun, on imagine l'ambiance qu'il devait y avoir: alcool, drogue, délires musicaux. Rien de cela ne transparaît dans le film, on y croise les autres, quelques phrases nous permettent de les cerner mais à peine, et les tournées sont résumées par une chanson sur scène la plupart du temps. Ce qui ne retire rien au film mais il est vrai que je m'attendais peut-être à quelque chose de plus percutant sur la vie artistique de ces monstres de l'époque qui ont souvent fait parler pour des raisons qui ne sont pas toujours musicales. Mais revenons à ce qu'il y a dans ce film: sans contexte, un excellent acteur. En effet, la prestation de Joaquin Phoenix est remarquablement réussie. Euphorique, ivre, shooté, en manque: Phoenix sait tout jouer avec justesse. Et mon coeur de midinette craque pour ce héros fou d'amour, qui n'aura de cesse de tenter de conquérir sa belle. Elle finira par dire oui après plusieurs années et maintes demandes réitérées et il faut croire qu'elle a eu raison: Johnny Cash et June Carter sont restés 35 ans ensemble. Elle decède en 2003 et quatre mois plus tard, il la suit dans la tombe (on peut dire qu'il sait y faire lui dans le romantisme!). Un film agréable matiné de morceaux entrainants pour finir cette soirée de fête.

 

Après un film, rien de meilleur que d'aller en parler autour d'une bière, non? Bon d'accord, il n'y en a peut-être pas eu qu'une! Ben on est bavards aussi...

Alors attention, la fête du cinéma ça peut faire mal au crâne le lendemain. Pourtant j'ai pas eu l'impression d'abuser: en deux jours, trois films. Je me souviens quand j'étais plus jeune, il m'arrivait de voir trois films dans la journée...

 

 

Par l'encreuse
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Mardi 1 août 2006

Je n'ai pas beaucoup de temps alors je copie-colle le synopsis d'Allo Ciné:

Renvoyé de la prestigieuse université de Harvard pour un délit qu'il n'a pas commis, Matt Buckner part se faire oublier chez sa soeur en Angleterre. Là-bas, il découvre la fièvre qu'engendre le football, et surtout les groupes de supporters qui défendent l'image et la réputation de leur club comme une religion.
Sensible à l'esprit de camaraderie et à cette volonté d'absolu, Matt se laisse entraîner, mais prend aussi peu à peu conscience des coulisses d'un sport dont les joueurs sont les seigneurs et les fans les mercenaires... Ces cercles très fermés sont prêts à tout pour renforcer leur réputation et asseoir leur suprématie. La compétition ne se déroule pas que sur les stades, et entre ces groupes extrêmes, il n'y a jamais d'arbitre.
Face à sa conscience et son passé qui le rattrape, Matt va devoir choisir ses règles du jeu...

J'avais très peu entendu parler de ce film et ce fut une agréable surprise: un casting vraiment bon et une caméra au plus près des acteurs qui vous font entrer dans l'action dès le départ. Après on ne décolle plus, pris aux tripes par la violence, filmée de manière réaliste et juste mais aussi originale (quasiment chaque bagarre est filmée en utilisant divers procédés). Les acteurs principaux, Elijah Wood et Charlie Hunnan donnent chair et dimension à leurs personnages. Le film ne donne aucune morale mais fait plutôt un état des lieux de ce phénomène, les Hooligans - que nous médiatisons lors des grandes rencontres internationales mais qui se vit au jour le jour de l'autre côté de la Manche. Attention, âmes sensibles s'abstenir: la violence est omniprésente et déborde de l'écran mais elle n'est jamais gratuite. Un film dur et réussi.

Par l'encreuse
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Lundi 9 avril 2007

Petite soirée théâtre la semaine dernière... et pur moment de bonheur!

En bref, le pitch : à la mort de son mari, Bernarda Alba « condamne » ses cinq filles à huit années de deuil ; un enfermement que trouble à peine le soleil filtrant par les persiennes. Les cinq jeunes femmes se morfondent entre ennui, hypocrisie, petites jalousies et fantasme : celui de l’amour et de l’homme. L’aînée, la seule à hériter de la fortune paternelle peut prétendre au mariage et son parti semble intéresser un jeune homme de la ville, Pépé le Romano. Cette union quasi inespérée – cette sœur ayant déjà 39 ans – suscite parmi la fratrie bien des convoitises.

Le texte ne m’était pas inconnu et avait d’ailleurs suscité mon envie d’aller voir la pièce. Mais le spectacle fut au-delà de toute attente. La mise en scène très particulière d’Andrea Novicov en a fait un moment de théâtre absolument sublime ! L’accueil dans la salle d’abord : une petite jauge de 200 places mais en lieu et place des traditionnels fauteuils, de simples bancs en bois… pas très confortables, il faut le dire. Un inconfort pourtant bien vite oublié devant tant d’ingéniosité. Nous voilà donc installés sur des bancs et la scène ouvre sur un castelet géant, comme dans un théâtre de guignol. Tous les personnages ont l’air de marionnettes, engoncées dans leurs costumes sombres. Et cette pièce au fond tragique réussit à nous faire rire ! On passe du rire aux larmes, en enlevant rien à la force du texte initial. Tout y est : le joug d’une matriarche implacable, le sort triste de femmes qui ne connaîtront jamais le bonheur, les amours impossibles, les lâchetés, le drame annoncé qui se joue dans l’ombre de la nuit propice aux amours illicites et pourtant on arrive à en rire tant la mise en scène et le jeu d’acteur mêlent efficacement comédie et tragédie. Un bien bel hommage à Garcia Lorca – lui aussi amateurs de marionnettes – et une heure et demie de théâtre inoubliable pour les spectateurs ébahis dont je faisais partie. Alors, s’ils passent du côté de chez vous, n’hésitez pas et courez acheter des places ! Jubilatoire !

 

La Maison de Bernarda Alba d’après Frederico Garcia Lorca

Mise en scène d’Andrea Novicov, création de la Compagnie Angledange

 

Par l'encreuse
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Dimanche 4 novembre 2007

film.jpg Alors qu’elle rentre de vacances, Lili, 19 ans, apprend par ses parents que son frère jumeau, Loïc, a quitté la maison suite à une dispute avec son père. Sans nouvelle de ce frère habituellement si proche, Lili n’arrive pas à se faire à sa disparition. Elle l’imagine mort, reproche à ses parents leur inertie, en veut à son père d’être la cause de ce départ. Lili arrête alors de s’alimenter. Elle est dans un état critique lorsqu’elle reçoit une carte de Loïc, la première d’une longue série, qui redonne un souffle de vie à ce corps brisé. Lili survit plus qu’elle ne vit, se raccrochant aux courtes nouvelles envoyées des villes où erre son frère, la guitare à la main. 
J’avais entendu parler de ce film, de la prestation remarquée de Mélanie Laurent mais j’étais totalement passée à côté lors de sa sortie en salle. Cette erreur est à présent réparée et ce film beau, touchant, poignant et pudique m’a laissée sans voix. Les interprètes y excellent : la jeune Mélanie Laurent en sœur perdue, Kad Merad en père désabusé, Julien Boisselier en amoureux transi, Isabelle Renaud en mère blessée. Jusqu’au dénouement, on se prend à espérer avec Lili. On n’ose à peine croire à la vérité terrible et inimaginable. Une magnifique histoire d’amour filial teintée d’horreur.

Film : "Je vais bien, ne t’en fais pas" de Philippe Lioret ( scénario : Philippe Lioret et Olivier Adam/ adapté du roman éponyme d’Olivier Adam) avec Mélanie Laurent, Kad Merad, Julien Boisselier, Isabelle Renaud, Aïssa Maïga.


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Samedi 21 juin 2008

Samedi j'avais "Rendez-vous à Brick Lane" pour y rencontrer une femme magnifique qui a su conquérir sa liberté. Dimanche, je suis allée écouter un "Conte de Noël" somptueusement cruel. Mercredi, c'était la valse des amours et des incertitudes du "Modern Love" qui m'ont fait sourire. Jeudi, ce sont plutôt les silences, les non-dits, les gênes et l'air d'un "Il y a longtemps que je t'aime" qui m'ont émue aux larmes. Vendredi, j'ai vu des extraterrestres, des vaches, des mariés, des vieux qui s'aimaient, se déchiraient, se mentaient. (Euh oui, c'est plus difficile d'intégrer un titre de film, c'était une série de courts-métrages ;-)
Est-ce que je pourrais passer ma vie au cinéma? D'après vous?


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Vite fait

12 novembre:

Boulot, boulot, boulot et les jolis mots d'Antoine Laurain.

Paroles de marins

Hors les livres

Lorsque je n'ai pas le nez plongé dans un livre, je suis par là:

- le 12/11: Lettre aux acteurs + Pour Louis de Funès de Valère Novarina

- le 19/11: "Dominique Mercy danse Pina Bausch", un film de Régis Obadia

- les 26 et 27/11: Danses & Docks

- le 28/11: Ô Carmen, opéra clownesque par L'Incroyable Compagnie

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