La capitainerie

Voyages à venir

Des envies piochées par-ci par-là et rassemblées ici pour ne rien oublier!

vies lues

Vendredi 18 août 2006

Dans un environnement sombrement surréaliste (tant que ça ?), notre héros rêve d’échapper à sa vie d’ouvrier aux abattoirs. Fuir cette ville pestilentielle au ciel embrumé par les fumées d’usine, les vacances à la station d’épuration, les caniveaux qui hébergent le temps d’un repos des collègues épuisés, l’odeur du sang et les cris de bête de l’usine. A l’image des poissons monstrueux qui se débattent dans la rivière qui mousse, notre héros se révolte doucement à l’intérieur en poursuivant mécaniquement sa vie.

Je ne connaissais Joël Egloff que par le titre Edmond Ganglion et fils sans toutefois l’avoir lu. J’ai découvert avec ce titre récompensé par le prix Inter hautement mérité un auteur étonnant : une plume délicate qui réussit à faire sourire tout en décrivant l’horreur d’un environnement et la platitude d’une vie résignée. J’ai un coup de cœur particulier pour le chapitre qui se déroule un jour de brouillard épais. Un livre sombrement réjouissant et ça y est, Edmond Ganglion et fils est venu rallonger ma liste de livres à lire !

L'étourdissement de Joël Egloff. Editions Buchet-Chastel.

Par l'encreuse
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Lundi 21 août 2006

Nello assiste impassible à son procès : celui de l’homicide qu’il a commis contre Mardaye, son « ami ». Mais c’est aussi le procès de toute une vie qui se déroule sous les yeux de toute la petite société réunie pour l’occasion. Entre les plaidoiries de Maître Téxère, as du barreau et les invectives du procureur décidé à réclamer sa tête, Nello revit chaque épisode de cette vie condamnée à l’avance. Une enfance dont le seul vrai bonheur est sa sœur Magali, la séparation, les familles d’accueil, la bêtise humaine ponctuent la vie de ce jeune homme solitaire. Alors que la déchéance la plus complète le guette, il retrouve un copain de classe qui semble avoir plutôt bien réussi. Ce bon samaritain le prend sous son aile et lui propose de menus services grassement rémunérés. Et Nello, tombé dans les toiles toujours plus serrées du filet tendu par Mardaye, devient un nervi de plus à la solde de la municipalité de Saint-Pierre. Les magouilles, l’alcool et la violence achèvent de faire de lui un être qui n’a pas sa place dans la société.

Jules Bénard mêle subtilement déroulement du procès et souvenirs de Nello pour nous livrer le portrait d’un homme attachant, peu gâté par la vie qui sombre inexorablement dans la violence. A travers l’histoire de Nello, l’auteur livre sa vision de la Réunion d’hier et d’aujourd’hui, soulignant les mœurs et coutumes de l’île, fustigeant les musiques sirupeuses qui envahissent nos ondes et la suprématie des fast-foods. Il griffe à l’occasion quelques privilégiés, rappelant avec une pointe d’ironie quelques fait divers parfaitement identifiables. Si ces incursions du narrateur font parfois sourire, on peut cependant lui reprocher d’en abuser, éloignant le lecteur du roman à force de monologues incongrus. Un roman qui reste agréable à lire mais dont le narrateur aurait pu se faire plus discret ou plus subtil en tous cas.

Le Nervi de Jules Bénard. Editions Orphie (édition locale)

Par l'encreuse
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Lundi 21 août 2006

Epris de vengeance, un garçonnet d’une dizaine d’années, Leiv, embarque à bord du bateau qui conduit à l’exil, Thorstein, condamné pour avoir tué le père de Leiv. Le drakkar quitte donc l’Islande pour le Groenland. Le courage de Leiv impressionne Thorstein qui le prend sous son aile mais un naufrage viendra changer à jamais la destinée de notre héros en herbe. Sauvé par deux enfants Inuit – qui signifie « être humain », Leiv découvre un nouveau monde dont il deviendra peu à peu un membre à part entière.

Encore une fois, Jorn Riel nous entraîne dans sa passion du Grand Nord, à la découverte du Groenland et de ses peuples qui le fascinent. Il signe ici un roman touchant, à la frontière entre l’apprentissage et l’aventure, contée à la manière d’une légende. De précieux petits bouquins qui plairont autant aux adultes qu’aux enfants : une belle leçon d’humanité, d'amitié et de tolérance. Et toujours les jolies pages « Perle sanguine » des éditions Gaïa, pour ne rien gâcher au plaisir de lire!

Le garçon qui voulait devenir un être humain de Jorn Riel. Editions Gaïa.

Coffret de 3 volumes : Le Naufrage (tome 1), Leiv, Narua et Apuluk (tome 2), … Et Solvi (tome 3).

Par l'encreuse
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Mardi 22 août 2006

Jonathan Safran Foer est à la recherche de l’histoire de sa famille. Une histoire qui commence en Ukraine avant que la guerre et le fascisme ne passent par là, décimant les communautés juives. Pour cette expédition, il fait appel à une agence spécialisée pourvoyant chauffeur et interprète. Safran Foer se retrouve affublé d’un bien étrange couple : un jeune ukrainien rêvant d’Amérique dans un anglais comiquement approximatif et son grand-père qui veut se persuader qu’il est aveugle. Sans oublier Samy Davis Junior Junior, une chienne à l’affection incontrôlable. Tout ce petit monde sillonne les routes d’Ukraine guidé par l’histoire familiale de Foer. Mais ce qu’ils découvriront remuera les âmes de chacun d’entre eux.

Dans un jeu subtil de narration, Foer offre avec ce premier roman un récit étonnant aussi bien par la forme et le style que par l’histoire elle-même. Ce roman est presque indescriptible : deux narrateurs, deux histoires et une correspondance qui les relie, deux styles d’écriture totalement différents, deux héros. Bref rien de simple mais quelque chose d’enivrant c’est sûr. On s’attache à Alex, ce jeune Ukrainien rêveur et simple qui se révèle d’une grande sensibilité, à ce grand-père étrange et taciturne ainsi qu’aux ancêtres de Safran Foer aux destinées incroyables. Les passages narrés par Alex sont truculents tant sa maîtrise de l’anglais est déplorable. Ceux écrits par Safran Foer sont flamboyants : ils nous plongent dans la culture et les croyances juives avec délectation, avec ce petit quelque chose de typique qui font des personnages des héros de légende, à l’image d’un Solal ou d’un Mangeclous. Un auteur prometteur, tant la prouesse sur ce premier roman est impressionnante.

 


Tout est illuminé de Jonathan Safran Foer. Editions Seuil.

Par l'encreuse
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Lundi 28 août 2006

Dans un immeuble new-yorkais vivote avec plus ou moins d’animosité une faune hétéroclite. Autour du gardien Sauveur, un ex-taulard, les occupants de l’immeuble s’évitent soigneusement quand ils ne se lancent pas à la figure des mots désagréables. Mais lorsque l’un d’entre eux - Lucy la « pute » - est menacé, le « pédophile », le « junkie », la « morte » et leurs acolytes au surnom évocateur s’unissent pour un ultime combat. Une guerre contre un Parrain qui révèlera des héros inattendus. On découvre peu à peu des personnages attachants qui font exploser le carcan de leurs sobriquets si peu flatteurs pour donner vie au célèbre proverbe : « l’union fait la force ».

Stephen Carrière réunit dans ce roman une pléiade d’anti-héros au passé lourd  et dont les plaies sont à peine cicatrisées. Certes ce huis-clos urbain n’est pas exempt de mélo mais l’auteur a su ne pas en abuser et chacun des quatre jours dont se compose le roman offre son lot de surprises. Dans un style simple et efficace, l’auteur nous montre qu’en chacun se cache un héros et souligne avec justesse combien le jugement hâtif est facile et souvent trompeur. Je laisse d'ailleurs le mot de la fin à Sauveur: « Des livres à moitié lus, c’est ce qu’on est les uns pour les autres, des livres à moitié lus… »

 

 Comme des héros sans guerre de Stephen Carrière. Edition Seuil. 

Par l'encreuse
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Vite fait

12 novembre:

Boulot, boulot, boulot et les jolis mots d'Antoine Laurain.

Paroles de marins

Hors les livres

Lorsque je n'ai pas le nez plongé dans un livre, je suis par là:

- le 12/11: Lettre aux acteurs + Pour Louis de Funès de Valère Novarina

- le 19/11: "Dominique Mercy danse Pina Bausch", un film de Régis Obadia

- les 26 et 27/11: Danses & Docks

- le 28/11: Ô Carmen, opéra clownesque par L'Incroyable Compagnie

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