Monsieur Henry est si gentil! Quelle chance de l'avoir comme professeur de chant! ne cesse de répéter la mère de Camille. Pourtant, Camille, elle, n'a plus très envie d'aller chanter
le mercredi après-midi. Les notes s'étranglent au fond de sa gorge et Camille se terre au fond d'elle-même. La terreur la submerge lorsque M. Henry se rapproche. Mais comment à dix ans peut-on
parler de ces choses-là? Comment trouver les mots pour dire l'indicible? Camille saura trouver un stratagème pour avouer au monde qui l'entoure l'horreur du vol de son enfance.
Un sujet difficile à traiter: la pédophilie. Et une plume talentueuse: celle de Clotilde Bernos. De ces deux ingrédients naissent un
court texte terriblement touchant qui, sans décrire l'horreur, la suggère sans cesse à travers les yeux de Camille, 10 ans, à la fois consciente et démunie. Un roman pour montrer la difficulté et
la nécessité de l'aveu, et rappeler que malheureusement l'enfance perdue dans ces moments-là l'est à jamais.
Le si gentil Monsieur Henry de Clotilde Bernos. Ed. Thierry Magnier (roman jeunesse).
Par l'encreuse
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Ursule est au désespoir : sa fille
Verte ne semble trouver d’intérêt qu’aux garçons de sa classe et n’aspirer qu’à une vie normale. Pourtant, elle n’a pas vraiment le choix. Elle est fille de sorcière et doit apprendre le métier.
Mais Verte exècre les bouillons infâmes que prépare sa mère dans ses grandes marmites. Anastabotte, la grand-mère de la jeune fille, propose de la prendre un jour par semaine pour lui enseigner
les rudiments de la vie de sorcière. Réticente, Verte découvre rapidement que les pouvoirs magiques pourraient bien servir ses intérêts.
Un livre acheté à la Loute et que je lui ai chipé le week-end dernier avec grand plaisir. Drôle et sensible, au-delà d’une simple et loufoque
histoire de sorcières, ce petit roman aborde divers thèmes : le passage à l’adolescence, les rapports mère-fille, la recherche des origines indispensable à la construction de soi. La
narration est elle aussi originale : chaque chapitre est la vision des événements par l’un des personnages. Chacun y livre ainsi un peu de lui-même. Une bien agréable lecture à partager avec
petits et grands.
Verte de Marie Desplechin. Editions L’Ecole des Loisirs, collection Neuf.
Crédit photo : EDL & Fnac
Par l'encreuse
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Le jeune Tomek tient une petite épicerie dans un village tranquille. Un jour, apparaît – presque par enchantement – une jeune fille qui fascine Tomek au premier regard. Elle cherche l’eau d’une mystérieuse rivière qui coule à l’envers. Malgré tous les trésors que recèle son petit commerce, Tomek n’a pas de cette eau censée rendre immortelle dont il n’a même jamais entendu parler. La jeune fille lui annonce qu’elle n’aura de cesse de rechercher cette fameuse rivière. Tomek, que cette vie un peu trop paisible ennuie un peu, décide alors d’aller sur les pas d’Hannah pour l’aider dans sa quête. Commence alors pour le jeune garçon un voyage fantastique ponctué de jolies rencontres.
C’est
la Loute
qui m’a prêté ce livre après l’avoir elle-même dévoré. Je me suis moi aussi laissée agréablement prendre par cette quête pleine de poésie, par les mondes merveilleux imaginés par Jean-Claude Mourlevat. J’ai aimé
La Forêt
de l’Oubli et le Pays des Parfumeurs, ces petits êtres qui réveillent les voyageurs égarés en leur faisant la lecture. Seul bémol peut-être : le voyage de retour est, à mon goût, un peu vite expédié. J’attends donc avec impatience que ma puce me prête le second volet de ce diptyque : Hannah. Le même voyage raconté cette fois par la jeune fille, les contrées qu’elle a traversées et ses rencontres étonnantes. Car si Tomek et Hannah se retrouvent près du but, ils n’ont pas tout à fait emprunté le même itinéraire.
La rivière à l’envers. Tome1 : Tomek de Jean-Claude Mourlevat. Ed. Pocket Jeunesse.
Crédit photo : Pocket & Amazon
Par l'encreuse
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Au pays de Coeur, le roi et la reine distribuent des coeurs aux humains. Des coeurs de toutes sortes, qu'ils prennent au hasard. Ils en distribuent trois cent mille par jour, alors ils
n'ont pas le temps de réfléchir. Léger, à rire, brisé, dur… ces coeurs rendent la vie impossible à ceux qui les reçoivent. Alerté par un de ses valets, chargé de la distribution, qui n’a plus de
cœur à l’ouvrage, le roi décide d’aller voir par lui-même de quoi il en retourne. Force est de constater que les destinataires des cœurs ne sont pas très satisfaits. Et le roi, qui n’a pas un cœur
de pierre, de chercher une solution.
Cette jolie
histoire, lue avec La Loute, est pleine de poésie et offre un bel exercice de style autour du mot cœur. C’est incroyable le nombre d’expressions courantes qui existent dans la langue française
autour de ce mot. La Loute, ça l’a bien amusée. Après elle a voulu faire un jeu pour retrouver les expressions en répondant à tes questions que je lui posais. A découvrir en famille: c’est sûr ce
livre ira droit au cœur des petits et des grands !
Histoire de cœurs de Janine Teisson, illustré par Bruno et Mary Théry. Editions Actes Sud Junior.
crédit photo: Actes Sud & Amazon
La jeune Verte, à la fin du roman éponyme,
s'était découvert des dons pour la sorcellerie et avait retrouvé son père. Dotée de sa nouvelle famille - un père ET un grand-père -, la jeune fille se sent tout de même un peu seule. Pas facile
l'adolescence! Heureusement, elle va trouver en Pome, une nouvelle voisine, une véritable amie. Les deux jeunes filles s'entendent à merveille et ont plus de points communs qu'elles ne
croient... Car Pome est, elle aussi, fille de sorcière! Cette révélation rapproche encore nos deux comparses qui deviennent tout bonnement inséparables, entre la cour de récré du
collège et les cours de sorcellerie du mercredi chez Anastabotte. Tant que ces histoires de potion et de pouvoir restent entre sorcières, tout va bien. Mais leur lourd secret commence à
sérieusement s'éventer...
J'ai retrouvé avec grand plaisir Verte et sa famille loufoque! Contruit sur le même mode que le premier volume, chaque chapitre laisse entendre les événements par la voix d'un des protagonistes.
Certes, il y a moins de surprises que dans Verte et il manque aussi un peu de profondeur parfois. Le jeune Soufi, initié bien malgrè lui à la sorcellerie dans le précédent opus, est un
peu absent dans celui-ci. Pourtant sa relation avec Verte est intéressante, sorte d'amour-amitié d'adolescents naissants. Ursule aussi m'a manqué! Mais bon, malgrè ces petits (mais vraiment tout
petits) points noirs, Pome reste une agréable lecture qui vous décrochera de grands sourires. Et puis, je ne sais pas mais cette fois, je trouve que la fin annonce une suite, non?
L'avis de Clarabel
Pome de Marie Desplechin. Editions Ecole des Loisirs, collectif Neuf (2007).
crédit photo: EDL & Amazon
Paroles de marins