Un cactus à Versailles

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Marie-Liesse est la troisième de la fratrie de Kergolen, famille bourgeoise versaillaise. Ces cinq enfants-là seraient presque des caricatures : enfants précoces, bons sportifs, musiciens. Bref ce qu’on attend des clichés de la bourgeoisie. Pourtant, le beau tableau a des failles : Wallerand, l’aîné, est enfermé depuis quelques mois en maison d’arrêt. Une dispute qui a mal tourné avec sa petite-amie Marie-Sophie, et la jeune femme est dans le coma. Tous les dimanche, la famille de Kergolen rend visite à Wallerand à la maison d’arrêt, sauf Marie-Liesse qui refuse énergiquement d’y mettre les pieds. Une rébellion qui déstabilise encore un peu plus une famille déjà ébranlée par l’arrestation de l’aîné.

Si les visites à la prison rythme les semaines, inexorablement, le silence entoure toutefois « l’accident ». Un silence pesant qui n’empêche pas les interrogations, qui rend tout différent depuis ce terrible jour, qui éloigne la mère de ses enfants, qui rapproche aussi les deux sœurs de la famille, Marie-Sidonie et Marie-Liesse. C’est ensemble qu’elles décident, en cachette, de rendre visite à leur belle-sœur, clouée dans un lit d’hôpital et que, curieusement, plus personne n’évoque dans la famille.

Roman réussi, mêlant humour et gravité, sur le non-dit, la honte et le secret, Un cactus à Versailles explore aussi, à travers le personnage de Marie-Liesse, la fin de l’innocence d’une enfance protégée. Lorsque le cocon familial se fendille, il est des moments où l’on ne peut plus protéger ses enfants lorsque l’horreur que l’on n’aurait jamais imaginée vous tombe dessus.

 

p.101 :

« Même s’il n’y avait qu’un jour sur sept pour aller voir Wallerand, il distillait son poison sur tous les autres. Nous commencions à angoisser dès le vendredi, nous arrêtions de respirer le samedi et nous vivions en apnée jusqu’au dimanche après-midi. A l’heure où ils rentraient du parloir, ils étaient épuisés, affamés et, à table, seuls Bertrand et Baudouin parlaient, et encore, de moins en moins.

Le lundi nous faisait un peu de bien, mais il fallait du temps pour se remettre. On avait alors un foyer de jours un peu plus confortables, mardi, mercredi, jeudi. Et ça recommençait. »

 

Un cactus à Versailles de Maïté Bernard. Editions Syros, coll. Tempo +/ 2009.

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Laure 08/05/2011 17:53



Et tu sais qu'il y a une suite : Trois  baisers 



08/05/2011 19:42

Vu chez toi et hop dans ma liste d'envies, du coup ill faisait partie de mes cadeaux d'anniversaire avec celui-ci.

Anne 07/05/2011 15:18



Encore une thématique très intéressante, j'espère croiser ce livre un jour !



08/05/2011 19:45

Vraiment bien et je retrouve Marie-Liesse bientôt avec "Trois baisers" déjà dans ma PAL!