Un soir, Brodeck pousse la porte de l’auberge Schloss. A l’intérieur, il y trouve réunis les hommes du village. Rapidement, il comprend qu’ils viennent de commettre
l’irréparable. Unis dans le crime, les hommes exigent alors de Brodeck qu’il rédige un rapport sur ce qui s’est passé. Pourquoi lui qui n’a même pas pris part à cet "Ereigniës", cet événement
dont on ne parle plus mais qui occupe tous les cœurs ? Peut-être parce que Brodeck a fait des études, qu’il passe son temps à rédiger des rapports sur la flore et l’évolution des paysages de la
région – que lui commande un obscur ministère et qui ne sont probablement jamais lus -, qu’il est le seul à savoir "les mots et comment on les utilise et comment aussi ils peuvent dire les
choses". Peut-être aussi parce qu’il est "différent". Bien qu’ayant grandi au village, il n’en demeure pas moins un étranger. Est-ce pour cela qu’il a été le seul à accueillir l’Anderer,
cet autre que les hommes du village ont assassiné ? Le seul à avoir échangé avec lui, le seul aussi à s’être parfois confié à lui. Etre l’autre, l’éternel étranger, Brodeck sait ce que cela
signifie. Il porte dans le cœur et dans ses chairs les souffrances charriées par la guerre et les camps où l’on enfermait ces "autres". Aussi lorsque l’ "Anderer" débarque au village avec ses
coquetteries incongrues, ses manières d’un autre monde, Brodeck comprend, sait, sent que son destin est déjà scellé.12 novembre:
Lorsque je n'ai pas le nez plongé dans un livre, je suis par là:
- le 12/11: Lettre aux acteurs + Pour Louis de Funès de Valère Novarina
- le 19/11: "Dominique Mercy danse Pina Bausch", un film de Régis Obadia
- les 26 et 27/11: Danses & Docks
- le 28/11: Ô Carmen, opéra clownesque par L'Incroyable Compagnie
Paroles de marins