Mardi 20 mai 2008

Notre narrateur a un gros problème : on le prend sans arrêt pour un autre. Une situation à l’origine de nombreuses altercations. Avec son facteur d’abord qui s’obstine à lui remettre le courrier d’un autre. Avec des malfrats qui ont quelques comptes à régler. Avec un passant fort mécontent de son plombier. Un jour pourtant, cet étrange phénomène lui permettra de vivre une vie de famille comblée. Un apaisement de bien courte durée malheureusement.

Un roman pour le moins étonnant où l’on se prend à douter de l’existence même de ce héros peu ordinaire qui a du mal à trouver sa place. Joël Egloff se joue de son lecteur autant que de son personnage, les baladant en finesse dans son univers à l’humour acide.

 

L’homme que l’on prenait pour un autre de Joël Egloff. Editions Buchet-Chastel (2008).

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Dimanche 18 mai 2008

Pendant mon long silence « bloguesque », je n’ai heureusement pas arrêté de lire. J’ai parfois ralenti mon rythme, la fatigue ayant raison de mes forces. Je n’ai, il est vrai, pris aucune note de mes lectures alors j’en oublie certainement ou j’en évoque d’autres plus anciennes, la chronologie de mes lectures s’embrouillant un peu dans ma petite tête bien surchargée ces derniers mois. Petite livraison en vrac côté BD.

 

J’ai plongé avec délice dans l’univers chargé de musique des trois volumes de Klezmer de Joann Sfar (Gallimard/ Bayou). J’ai suivi avec curiosité et amusement ces âmes errantes qui s’unissent pour échapper à leur condition et se crée un monde un peu à part.

Je me suis laissé enchanter par les fantômes inquiétants ou hilarants de Non Non Bâ de Shigeru Mizuki (Editions Cornélius). Une jolie plongée dans les croyances japonaises, empreinte d'humour et de poésie.


J’ai eu le souffle coupé, une boule dans la gorge et les larmes prêtes à couler en découvrant la Lucille de Ludovic Debeurme (Futuropolis). Lucille est adolescente, mal dans sa peau, anorexique. Elle rencontre l’amour avec un jeune homme (désolée, j’ai oublié son prénom) sensible qui vit avec le poids de la mort de son père. Ces deux âmes en pleine recherche vont s’aimer, s’enfuir, tenter de s’aider mais ils découvriront que chaque quête est une affaire personnelle. C’est beau, d’une grande sensibilité, terriblement juste, dur aussi. Une grande vague d’émotions que ce superbe roman graphique que je conseille à tous.


J’ai succombé à la folie manga de miss Clarabel et suis entrée dans l’univers d’Emma de Kaoru Mori (Kurokawa). C’est malin, maintenant, je suis accroc à cette jolie soubrette qui subjugue tous les hommes qu’elle croise. Il faut dire que tout est ici réuni pour me plaire : le XIXème siècle, des histoires d’amour compliquées ou impossibles ou contrariées, une héroïne d’une grande fraîcheur qui pourrait mettre tous les hommes à ses pieds et surtout, tout n’est pas joué d’avance (on n’est pas à Hollywood !). Maintenant il faut que je continue… et ça y est, j’ai acheté les volumes 2 et 3 !


J’ai retrouvé la grand-mère de Lily Love Peacock, Jeanne Picquiny et ses aventures rocambolesques. Encore un personnage féminin marquant à la fois attachant et agaçant. Rebelle, anticonformiste, capricieuse, Jeanne n’a pas froid aux yeux et n’a rien à envier à son aventurier d’amoureux. Un petit bout de femme étonnant, imaginé par Fred Bernard, à découvrir dans La tendresse des crocodiles et L’ivresse du poulpe (Seuil).


Et puis, j’ai gardé le meilleur pour la fin… Mon amoureux a eu l’heureuse idée de me ramener un jour un vrai bijou : Là où vont nos pères de Shaun Tate (Dargaud). Bon pour celui-là, je reprends un petit texte que j’avais écrit pour un coup de cœur dans le magazine pour lequel je bosse :

 

Attention chef d’œuvre ! N’ayons pas peur des mots. Lorsque Shaun Tate se met à faire de la BD, ça donne un livre métaphore universel et poétique sur l’exil. Des crayonnés de toute beauté, un monde fantasmagorique et une histoire qui se joue des frontières. Ici pas de texte, pas de blabla pour dire les douleurs passées, la vie recomposée et les nouveaux espoirs. C’est une prouesse et les experts ne s’y sont pas trompés en décernant à Là où vont nos pères le prix du meilleur album au dernier festival d’Angoulême.


                          
 

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Dimanche 18 mai 2008

Sur une colline de Sardaigne, Madame résiste encore au tourisme dévorant, refusant de vendre sa terre battue par les vents du large pour la voir se transformer en barres de béton. Madame est belle, madame est seule. Un peu étrange, elle collectionne les amants sans jamais vraiment trouver l’amour. Madame dérange, surtout les femmes. Mais pas sa jeune et fantasque amie de quatorze ans (la narratrice), pas le grand-père moqueur, ni le fils aîné des voisins, trompettiste incompris des siens.

Avec ce nouvel opus, Milena Agus signe un beau portrait de femme excentrique, rebelle, sensuelle et généreuse. J’ai aimé cette « Madame » fantaisiste qui se livre corps et âme aux mains des hommes et qui souffre sans l’avouer du manque d’amour. Pourtant, j’ai eu un peu de mal à entrer dans le texte et je lui préfère sans doute son premier roman, Un mal de pierres.

 

Battement d’ailes de Milena Agus. Editions Liana Levi (2008).

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Samedi 17 mai 2008
Il y a bien longtemps que mon amoureux et moi n'étions pas allés flâner en ville... et voilà le résultat:


Je râle souvent à cause du manque de librairies par ici mais j'ai été très agréablement surprise (mon porte-monnaie moins et ma banquière, c'est sûr, va faire la gueule) par une des librairies de la ville spécialisée en manga. un super accueil, du choix et de vrais professionnels passionnés avec qui l'on peut discuter. Ouf, ça fait du bien!
Autre surprise, une énorme vente ponctuelle de livres ultra soldés parmi lesquels j'ai pu dénicher Soledad de Stéphanie Janicot en grand format à 4 euros.
Comme il ne leur restait plus d'Emma ("ça part comme des petits pains" il a dit le monsieur), j'ai craqué chez le mastodonte de la "culture" du coin... J'ai fait une entorse à mon réglement intérieur de ne pas acheter de livres là-bas mais comme je cherchais aussi désespérement un titre qui n'était plus dispo que chez lui, bon... On a aussi pris d'autres choses mais ce sont des surprises alors je ne les montre pas, na!

Comme on allait aussi rendre quelques CD à la médiathèque, ben j'ai emprunté ça:


Oui, j'ai été raisonnable!
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Samedi 17 mai 2008
Me voilà encore une fois drôlement gâtée! Galettes et violettes sont arrivées de sa Bretagne à elle à ma Bretagne à moi (oui j'habite La Bretagne sous les tropiques, z'avez compris?)... en passant par sa Sarthe à elle. Merci Laure!


P.S. spécial Laure: Cette année, nous fêtons nos 20 ans...
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