Mardi 10 juin 2008

Voilà bien longtemps que je veux, dois, envisage de vous présenter quelques productions littéraires locales. La paresse et le manque de temps ont malheureusement, jusqu’ici, eu raison de ma volonté. Mais aujourd’hui, après une agréable conférence de presse de présentation du dernier titre en date de « mes chouchoux » de l’édition locale, je me suis vertement sermonnée intérieurement et me voilà, toute penaude, prête enfin à vous parler de cet département jeunesse d’Océan Editions qui me tient à cœur. Au départ de cette jolie aventure il y a Claudine Serre, une éditrice (dont je dois avouer que je connais peu le passé, il faut que je l’interviewe… je manque à tous mes devoirs !) passionnée et passionnante qui donne tellement à ses auteurs qu’ils ne peuvent faire que de merveilleux ouvrages ! Il y a aussi Joëlle Ecormier dont j’aime les textes et la douceur, devenue l’auteur phare de ce nouveau département. Et puis l’idée originale de faire se rencontrer les textes et des artistes locaux qui, le temps d’un livre… ou plusieurs d’ailleurs, deviennent illustrateurs. Depuis deux ans, une dizaine de titres ont vu le jour et c’est pour moi toujours un bonheur d’accompagner ces naissances.

Et puis en écrivant, en y réfléchissant, il y a aussi d’autres titres et d’autres collections qui me viennent en tête : Théâtr’enfance ou les éditions du Quatre Epices. Il serait bien injuste de ma part de ne pas leur rendre hommage lorsqu’ils le méritent.

Du coup, j’y consacre une nouvelle rubrique : Kiltir péi (expression créole pour « culture du pays » ou « culture d’ici »). Et promis, je n’attends plus deux longues années pour la mettre à jour !

 

Parce que les contes ne racontent jamais ce que deviennent les princes et les princesses une fois mariés, Joëlle Ecormier décide d’y remédier et nous livre l’histoire conjugale de Monsieur et Madame Pieuvre. Ils vivent heureux et Madame Pieuvre s’épanouit entre études, recherches et carrière de pieuvrologue. Monsieur Pieuvre, lui, rêve d’une famille nombreuse. Comment concilier ce désir avec les ambitions de sa femme ? Une histoire rigolote et touchante pour dire que la vie conjugale est faite de compromis, de beaucoup d’amour et de communication et que chacun peut s’y épanouir tout en gardant sa personnalité.

A lire à vos filles, mesdames mais gageons qu’il saura aussi trouver un écho en vous comme il l’a fait en moi. Et comme me le disait Joëlle (l’auteur), en séance de dédicaces, beaucoup de femmes lui disent : « Mais Octavie, c’est moi ! ».

 

N’oublie pas que je m’appelle Octavie de Joëlle Ecormier, illustré Modeste Madoré (peintre céramiste). Editions Océan Jeunesse (2007).

 

Crédit photo : Océan Jeunesse & Amazon

 
N.B : Tous les titres de cet éditeur sont distribués en librairies en France métropolitaine ou sur les librairies en ligne… oui chez Zozone aussi !

publié dans : kiltir péi
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Mardi 10 juin 2008

Lou Bertignac a 13 ans et un QI largement au-dessus de la moyenne. Au lycée, elle se sent minuscule, pas vraiment à sa place et plutôt seule. Chez elle, l’ambiance n’est guère plus réjouissante. Depuis la mort de Thaïs, sa petite sœur, la mère de No hante l’appartement comme un fantôme, muette et enfermée en elle-même. A l’occasion d’un exposé, Lou va se rapprocher d’une jeune fille qui erre dans la gare. No semble à peine plus âgée que Lou mais sa vie à elle, c’est la rue. La jeune SDF se laisse doucement apprivoiser par cette drôle de fille qui pose des tas de questions. Et lorsque Lou convainc ses parents d’accueillir No, c’est leur vie à tous qui prend un nouveau tournant.

J’avais beaucoup entendu parler de ce livre, je ne sais pas vraiment ce que j’en attendais. Plus peut-être (sûrement) que ce que j’y ai trouvé… un roman gentil qui m’a plu sans me toucher particulièrement. Je ne saurai expliquer l’impression qu’il me laisse. Sa lecture fut certes agréable - quoique j’ai commencé à ressentir quelque lassitude à un moment où l’histoire patine un peu, les jours se répétant inexorablement - mais sans plus. Pas de grande originalité en ce qui me concerne. Peut-être aussi est-il arrivé après plusieurs autres qui laissaient la voix à un adolescent et que cette voix-là, celle de Lou, n’a pas su couvrir les autres.

 

No et moi de Delphine de Vigan. Editions Jean-Claude Lattès (2007).

 

Laure et Clarabel (et bien d’autres encore !) l’ont lu aussi.

crédit photo: Jean-Claude Lattès & Amazon 

par Véro publié dans : vies lues
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Lundi 9 juin 2008

Doriand est un ado comme les autres. Sa préoccupation du moment : coucher avec sa copine Julie mais il ne sait pas vraiment comment lui en parler. Plutôt bien dans sa peau, si Doriand a quelques problèmes à gérer, c’est du côté familial. Depuis que son père, un écrivain à succès en mal d’inspiration,  a entamé une psychanalyse, il est intarissable. Il s’épanche à longueur de soirée allant même jusqu’à évoquer sa sexualité à un fils qui n’est pas prêt à tout entendre.

Voilà un roman jeunesse fort réjouissant ! J’ai été séduite par la langue de Doriand, ce langage imagé et plein d’humour. Le roman aborde aussi avec finesse les rapports parents-enfants et notamment père-fils, sur la place de chacun et la nécessité de savoir délimiter son propre territoire. Alors certes ce père est peut-être un brin exubérant et il y a bien un chapitre qui ne m’a guère plu (un peu trop tiré par les cheveux : la découverte du manuscrit - je n’en dis pas plus pour laisser la surprise à ceux qui seraient tentés) mais cette lecture m’a fait souvent sourire et ça, ma foi, c’est bon signe !

 

Moi je d’Arnaud Cathrine. Editions L'école des loisirs, collectif Médium (2008).

crédit photo: L'école des loisirs & Amazon

publié dans : voyage en enfance
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Lundi 9 juin 2008

Une jeune mère en dépression post-natale se retrouve « enfermée » dans une chambre dans une maison inconnue sur les bons conseils de son médecin de mari. Il lui faut du repos afin qu’elle retrouve ses esprits et puisse reprendre une vie d’épouse et de mère aimante, avec l’unique ambition d’être une femme au foyer parfaite, vivant dans l’ombre d’un mari érudit. Celui-ci préconise un repos absolu, sans stimulation intellectuelle et donc sans écriture. Dès le départ, la jeune femme n’apprécie pas la chambre choisie par son mari et prend en grippe le papier jaune qui recouvre les murs. D’ailleurs les motifs ne bougent-ils pas ? Et qui est cette femme prisonnière de ce papier ?

Dans un récit halluciné digne du Horla de Maupassant, Charlotte Perkins Gilman livre un texte terrible bien plus complexe qu’une simple nouvelle fantastique. La post-face de Diane de Margerie (qui a également traduit ce court récit) éclaire le texte d’une nouvelle lumière : la terrible réalité qui touchait les femmes dans un siècle où leurs désirs d’émancipation et de liberté n’étaient pas encore prêts à être acceptés par une société dominée par les hommes. La folie et les hallucinations de cette jeune femme sont la séquestration de l’auteure elle-même. Dès le départ, tout était déjà réuni dans ce petit livre pour me plaire : l’époque et le genre. A la lecture de la post-face, j’y ai été bien plus sensible encore. Et l’envie est maintenant présente de découvrir le roman écrit par Charlotte Perkins Gilman (a priori pas disponible en français) ainsi que les écrits de la soeur d’Henry James (dont le nom m’échappe).

 

Merci à Laure pour ce joli cadeau !

 

La séquestrée de Charlotte Perkins Gilman (traduction et postface de Diane de Margerie). Editions Phébus, collection Libretto (2008).

crédit photo: Phébus & Amazon

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Samedi 7 juin 2008
1. Guizmo grandit
2. Parfois je vous écris de là
3. Lecture du dimanche
4. Quand la Loute joue les modèles dans ses nouveaux habits
publié dans : lencreuse
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