Lundi 16 juin 2008

Depuis toujours, les moutons se font dévorer par le loup. C’est comme ça, on n’y peut rien. Ce mouton-ci était malade, celui-là n’avait pas la bonne couleur, alors ce n’est pas bien grave. Mais lorsque le loup décide de s’attaquer au chef – le bélier – les autres moutons commencent à prendre conscience du danger. Et s’ils décidaient de relever la tête et de se serrer les coudes, finir entre les dents du loup ne serait peut-être plus une fatalité.

Dans cet album, Didier Jean et Zad livrent une jolie fable autour de la solidarité et de la résistance. Une histoire toute simple qui se passe de grands discours pour apprendre à nos petits à ne pas se laisser manger et qu’ « être un mouton » n’est souvent pas la meilleure des solutions.

 

L’agneau qui ne voulait pas être un mouton de Didier Jean et Zad. Edité par Syros et Amnesty International (2004).

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Lundi 16 juin 2008

Lison en a un peu marre d’être toujours celle qui… débarrasse la table, se lave la première, doit s’asseoir à cette place-là. Chaque soir, elle pose à son ami, le sage ravenale, la même sempiternelle question : « Pourquoi c’est toujours moi qui ? ». Une interrogation qui, sous son apparente simplicité, en cache d’autres bien plus complexes.

De nombreuses richesses se cachent dans cet album : celle du texte d’abord qui frise avec la philosophie et les questions existentielles sans jamais être ennuyeux. Celle des riches illustrations de Nana Margabim aussi, qui font de chaque page une petite œuvre d’art.

 

Pourquoi c’est toujours moi qui ? de Julia Billet, illustré par Nana Margabim. Océan Jeunesse (2007).

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Dimanche 15 juin 2008

-chanter en choeur avec la Loute sur le dernier album de Vanessa Paradis tous les matins sur le trajet de l'école
- fouiller dans les piles de CD et retrouver plein de vieux albums presque oubliés
- pleurer sur "Il n'y a pas d'amour heureux" (j'ai une version interprétée par Tanger et Keren Ann dans un album hommage à Brassens mais je peux pleurer sur d'autres versions, je le sais, j'ai déjà essayé!), "La chanson des vieux amants" de Brel, "Ma plus belle histoire d'amour, c'est vous" de Barbara. (oui je sais, je pleure beaucoup)
- se rappeler les souvenirs liés à certaines chansons (et parfois pleurer encore)
- mettre la musique à fond et danser toute seule dans mon salon pendant des heures


publié dans : lencreuse
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Samedi 14 juin 2008
 Une petite sortie ciné pour aller voir ça:

Le synopsis d'Allo Ciné:

Née au Bangladesh, la jeune Nazneen, promise à un homme plus âgé, a quitté sa famille et son pays pour rejoindre son futur époux à Londres. Isolée dans un pays dont elle parle à peine la langue, elle se consacre à sa famille dans la cité de Brick Lane où règnent racisme ordinaire, fondamentalisme rampant et trafics en tous genres. Petit à petit, elle découvre pourtant la solidarité et l'amitié. Tiraillée entre traditions ancestrales et espoirs insensés, Nazneen va peu à peu prendre le contrôle de sa vie, jusqu'à franchir le pire des interdits... Et comprendre que s'octroyer le droit au bonheur a un prix.

publié dans : lencreuse
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Jeudi 12 juin 2008
Ça commence comme un bout de tendresse, ça finit comme un coup de poing. Pourtant pendant un instant, c’est l’étonnement qui a dominé, l’agacement même. Ce n’était pas le film auquel je m’attendais, pas le film dont le réalisateur m’avait parlé il y a un an (filmer une boutique de quartier, lieu de rendez-vous des habitants). Enfin si, c’était ça mais c’était autre chose aussi. Il nous avait certes prévenus que cette fois, sa caméra n’était plus si invisible, ni lui d’ailleurs. Oui il nous l’avait dit. Mais pendant un instant, je me suis demandé ce qu’Alexandre Boutié faisait là, pourquoi subitement il se filmait lui-même, pourquoi c’est dans son intimité qu’il nous faisait entrer. Dans celle de ses aïeuls et dans celle de ses descendants aussi avec ses si belles images qui se passent de mots de la lumineuse Joséphine et de ses petits camarades. Et finalement, ce que je croyais ne pas avoir vraiment compris m’a bouleversée, chamboulée, retournée longtemps encore après la projection.
Ce qu’il y a dans « La boutique des Temps Modernes », c’est bien sûr une profonde humanité. Je crois qu’elle habite la caméra d’Alexandre quel que soit le sujet filmé.
Ce qu’il y a dans « La Boutique des Temps Modernes », c’est aussi ce qu’il y a de plus beau à la Réunion. Pas les paysages de cartes postales, non. Ça, on s’en fiche, tant d’autres nous les montrent ! Ce qu’il y a de plus beau, c’est nous, le métissage, les rencontres, les couleurs qui se mêlent, les cohabitations parfois étranges entre les religions, entre le passé et le présent, entre les traditions, le respect des valeurs et le chant des sirènes de notre monde moderne.
Ce qu’il y a aussi dans cette « boutique » décidément bien fournie, c’est la quête, la quête de soi. Tout comme il y a quelques semaines, une simple nouvelle de
Karine Fougeray a ouvert en moi des failles et réveillé les souvenirs du non-dit, le film d’Alexandre Boutié a appuyé, doucement d’abord et presque douloureusement ensuite, sur les manques. Alexandre découvre au cours du tournage que son arrière grand-père (ancien maire de la ville où Alexandre a grandi, où il vit et qu’il filme aujourd’hui) avait choisi Pétain plutôt que De Gaulle. Il prend ça en pleine poire, au fil d’une conversation, et, avec cette nouvelle, la conscience que l’on ignore souvent beaucoup (trop ?) de son histoire.
J’ai le manque d’un grand-père que je n’ai jamais connu et dont on ne parlait jamais, si ce n’est deux anecdotes venues une de ma grand-mère et une de ma mère, les deux ne lui rendant malheureusement pas vraiment un bel hommage. Est-ce qu’il n’était que cela ? et n’ai-je pas un peu de lui en moi ? Mon père m’a dit un jour en parlant de généalogie qu’il n’en voyait pas l’intérêt : « Et si tu découvres que ton ancêtre était un tueur sanguinaire ? » m’a-t-il demandé. De toute façon, de ce côté-là de la famille, c’est comme si on n’avait pas d’histoire. Et si moi, en vieillissant, j’étais en manque d’histoire ?
A peine plus de 50 minutes et l’effet d’un cyclone au fond du coeur. Alors, à Alexandre, j’ai juste envie de dire merci.


Film : « La boutique des temps modernes » réalisé par Alexandre Boutié (Les films 1,2,3).

Autre film d'Alexandre Boutié: "Le grand petit monde de la Rivière des Roches" (sur une communauté de pêcheurs de bichiques). Disponible en DVD.
publié dans : vies émues
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