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La capitainerie

Une bouteille à la mer

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Envies de voyage

Des envies piochées par-ci par-là et rassemblées ici pour ne rien oublier!

Mardi 18 septembre 2 18 /09 /Sep 12:05

Hier, j'étais là :

 

 



à la manifestation organisée par le SNJ Réunion suite à des événements survenus samedi 15 septembre à Saint-Denis lors de la conférence de presse d'un élu local, également député de la Réunion. Des événements indignes d'un état démocratique, d'un pays qui se revendique inventeur des Droits de l'Homme.
Bien que Le Port de l'Encreuse ne soit pas une tribune politique ou sociale, j'ai souhaité relater ici des faits qui me révoltent.
Vendredi 14 septembre, un élu local (maire) et député offrait un nouveau coup médiatique en décidant de camper dans les jardins de la Préfecture devant le refus du Préfet de la Réunion de le recevoir alors qu'il venait quémander, militants à l'appui ("des parents d'élèves" dit l'élu) des contrats aidés supplémentaires suite à la suppression de ceux-ci. Certes la suppression de ces postes est un réel problème, notamment pour le bon fonctionnement de l'accueil des élèves dans les établissements scolaires. C'est un fait avéré. Rappelons aussi que le problème rencontré aujourd'hui relève également d'une mauvaise gestion des communes dans le quota d'emplois aidés distribués à chacune d'entre elles. La pensée à court terme faisant malheureusement souvent loi : on utilise sans compter pensant que la manne providentielle ne se tarit jamais. Mais voilà, coupes budgétaires = suppressions d'emplois et voilà nos élus fort démunis lorsque la rentrée fut venue. Bref, pas ici de remise en cause de la revendication mais de la méthode, oui.
Notre député-maire, habitué à la politique spectacle teintée de populisme, décidait vendredi de s'agenouiller devant un représentant de la Préfecture. Image symbolique pour les militants accompagnateurs - pardon ! les parents d'élèves - qui érigent aussitôt leur maire comme le seul élu de la Réunion prêt à tout pour défendre corps et âme leurs droits. C'est "beau" et ça va au moins faire la Une des journaux. Mais voilà l'élu insistant se voit sortir manu militari en début de soirée des jardins de la Préfecture où il commence à déployer sa tente. Remercié et raccompagné par les forces de l'ordre, l'homme éconduit fait, semble-t-il, un malaise. Il gît, au bas d'un escalier, apparemment inconscient. Panique, cris, pleurs et le SAMU le conduit aux urgences. Dès lors la vindicte se déchaîne contre ce préfet aux méthodes honteuses qui n'a même pas eu le temps de faire ses preuves, arrivé fraîchement en poste sur l'île. On crie à la démission avec malheureusement quelques trémolos identitaires : "retourne dans ton pays !". Lequel ? La France ? Parce que par ici on n'est pas en territoire français ? Comment peut-on alors revendiquer des contrats aidés à l'état français ? No comment…
Le lendemain, samedi 16, le dit élu convoque, toujours devant la préfecture une conférence de presse. Nous voilà rassuré, il s'en est sorti avec plus de peur que de mal. Seul signe de la veille : une minerve en raison d'une entorse aux cervicales. Avant de commencer sa conférence, l'élu demande : "Y a-t-il des journalistes du Journal de l'île (JIR) présents ? Si c'est le cas, je leur demande de quitter les lieux ; je ferais une conférence de presse pour eux lorsque j'aurais décidé de faire du cinéma et non plus de la politique." On sent l'homme piqué au vif : le matin même, ce quotidien local avait titré en Une "le grand cinéma" avec des photos, de sa génuflexion et de son évacuation sur un brancard. Et le spectacle continue donc : invitation de TOUS les médias à une conférence de presse puis demande expresse à certains journalistes de vider les lieux. Mais voilà, une des journalistes du site internet de cet organe de presse ne s'en laisse pas compter et continue à travailler sans que l'élu ne s'en aperçoive. Quand soudain, une militante debout derrière lui l'interpelle "mais ça c'est le JIR !" montrant la journaliste caméra au poing. Et là tout va très vite, on scande "dégage, on t'a dit de dégager !" La journaliste est bousculée, on lui arrache violemment sa caméra. Un confrère d'un autre journal s'interpose et se retrouve roué de coups, jeté à terre. Poings et pieds pleuvent au milieu d'une foule avide d'en découdre. A côté l'élu ne réagit pas. Il attend, n'appelle à aucun moment au calme. Le journaliste molesté est lui aussi conduit aux urgences, profondément choqué.
Dimanche 16, le SNJ Réunion décide un rassemblement pour le lendemain en soutien aux journalistes agressés.
Lundi 18 septembre, près de 200 personnes (journalistes en grande majorité, élus locaux, personnes civiles) se sont réunis pour dire non à ce type d'exaction. Une solidarité rare dans la profession qui était belle à voir. Et pendant la manifestation, nous apprenions que la mairie de Saint-Leu (commune de l'élu) déclarait officiellement les journalistes du JIR persona non grata aux conseils municipaux de la ville.
Un bel exemple de démocratie de la part d'un élu, qui plus est impliqué au niveau national, non ? Merci Monsieur Thierry Robert de nous avoir rappelé que la liberté de la presse n'était pas encore une affaire gagnée, même dans une démocratie.

Publié dans : lencreuse
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Vendredi 31 août 5 31 /08 /Août 07:02

Romans, nouvelles :

 

La terre des mensonges d'Anne B. Radge (10/18) 

 

Jeunesse (albums, romans) :

 

Je m'appelle Mina de David Almond (Gallimard Jeunesse)

Oh, boy ! de Marie-Aude Murail (EDL)

 

BD, mangas :

 

La grippe coloniale 2 - Cyclone la peste de Huo-Chao-Si & Appollo (Vents d'ouest/ Des bulles dans l'océan)

Publié dans : Escales
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Jeudi 9 août 4 09 /08 /Août 12:24

jeunesse-jemappellemina.jpg

 

Un bon gros roman à la mise en page originale et pas si facile à raconter… Comme l'indique explicitement le titre de ce roman, la narratrice s'appelle Mina. Elle adore la nuit, vivre perchée dans son arbre, observer les oiseaux, laisser son esprit vagabonder, se laisser aller au rythme de la vie, noircir des pages, jouer avec les mots. Car oui elle aime les mots cette demoiselle-là ! De manière entière, pour leur simple beauté alors forcément elle ne se gêne pas pour en inventer. Ce qui n'est pas mais alors pas du tout du goût de Mme Scullery, son institutrice ni du DIRECTEUR. "Comment un oiseau, né pour la joie peut-il rester enfermer dans une cage et chanter ?" : Mina a fait de ce vers de William Blake son leitmotiv. Alors comment cette gamine à l'imagination débordante et à l'envie de vivre si intense pourrait-elle supporter l'école, ses règles et son cadre trop terre à terre ? Mal forcément. Si mal que sa mère la scolarise à la maison, comme pour protéger sa petite fille déjà bien malmené par la vie. Les deux femmes vivent comme en huis-clos, avec dans la tête et le coeur le souvenir d'un mari et d'un père disparu trop tôt. Il y a des fêlures chez Mina, une sensibilité exacerbée, une vraie intelligence aussi. Petite fille hors norme, elle a tout de même conscience que son choix de vie l'isole des camarades de son âge. Elle regrette parfois les amitiés d'école mais autour d'elle il y a les oiseaux, un chat et Mam. Et M. Myers, le voisin qui vend sa maison et une nouvelle famille qui va peut-être s'installer.
Dans son arbre, Mina remplit les pages de son carnet. Elle raconte la vie tout autour, les souvenirs, elle s'invente des histoires, ses propres défis et expériences (les fameuses "activités hors piste") : "Certaines pages seront comme un ciel avec un seul oiseau dedans. D'autres seront un ciel avec un vol tourbillonnant d'étourneaux. Mes phrases seront comme une poignée de mots, une collection, un dessin, un essaim, comme un banc de poissons, ou une mosaïque. Il y aura un cirque, une ménagerie, un arbre, un nid. Parce que mon esprit n'est pas en ordre. Mon esprit n'est pas fait de lignes droites. Mon esprit est en pagaille, en fouillis." Et petit à petit, Mina se découvre, s'organise et s'ouvre aussi tout doucement aux autres.
On s'accroche avec tendresse à cette petite Mina, à son vrai amour de la vie et des mots, à son anti-conformisme (qui donne lieu à quelques belles scènes hilarantes entre Mina et Mme Scullery), à sa belle imagination. Un gros roman ado à découvrir, à faire découvrir pour ne jamais complètement perdre son âme d'enfant et apprendre à cultiver son petit grain de folie.

Je m'appelle Mina de David Almond (traduit de l'anglais par Diane Ménard). Editions Gallimard Jeunesse/ 2012.

Publié dans : Les voyages forment la jeunesse
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Mardi 31 juillet 2 31 /07 /Juil 08:08

Romans, nouvelles :

Laissez-moi de Marcelle Sauvageot (Phébus/ Libretto)

Mes quatre femmes de Gisèle Pineau (Philippe Rey)

Le treizième conte de Diane Setterfield (Pocket)

Liturgie de Marie-Hélène Lafon (Buchet-Chastel)

Le potager des malfaiteurs ayant échappé à la pendaison d'Arto Paasilinna (Folio)

Et rester vivant de Jean-Philippe Blondel (Buchet-Chastel)

 

BD, mangas :

Rides de Paco Roca (Delcourt)

Publié dans : Escales
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Samedi 21 juillet 6 21 /07 /Juil 08:47

lafon-liturgie.jpg



En découvrant L'Annonce de Marie-Hélène Lafon (grâce à Laure : encore merci !), j'ai eu envie de découvrir d'autres textes de cet auteur dont la langue m'avait véritablement conquise. Pioché à la bibliothèque, Liturgie, un recueil de cinq nouvelles, s'avère être un des premiers livres édités de Marie-Hélène Lafon.
Comme dans le roman, L'annonce, la campagne et la rudesse de la vie paysanne servent de décor aux cinq nouvelles qui composent Liturgie. La première et la dernière nouvelles sont des textes courts, presque anecdotiques qui mettent en lumière un bref moment de vie sans que les personnages n'aient des contours très nets. Au contraire, les trois longues nouvelles du "milieu" évoquent chacune un personnage dont les nouvelles portent le nom (Alphonse, Jeanne et Roland).
Trois personnages, trois histoires, trois destins avec un même point commun : une différence qui les isole. Dans le monde rude de la vie paysanne, il n'y a pas de place pour les extravagances. Chacun y a un rôle, utile pour le bon déroulement d'une vie rythmée par le labeur. Alors Alphonse, l'attardé, et Jeanne, l'intellectuelle prennent  - malgré lui, pour Alphonse, ou volontairement, pour Jeanne - leurs distances. Ils vivent dans un monde à part : Alphonse partage sa vie entre internements à Sainte-Geneviève et travaux de femme (ménage, couture) à la ferme. Il dérange forcément, personne n'a envie de montrer ce fils différent. Enfermé loin ou à l'intérieur de la ferme, Alphonse s'attache à ses neveux qui ne le lui rendent pas puis à une jeune bonne qui voudrait bien, elle, le lui rendre.
Jeanne, elle, choisit les livres et les études. Seul membre de la famille à faire des études, elle quitte la ferme familiale et le destin tout tracé qu'on lui réservait, pour devenir institutrice loin des champs et des bêtes dans une vie, à jamais, solitaire.
Roland, même s'il semble se couler dans le moule que la vie lui a fabriqué, est lui aussi un être solitaire qui finira, sans un mot, par se pendre. Il meurt comme il a vécu, dans le silence, sans que personne ne puisse vraiment expliquer son geste.
A l'instar de L'Annonce, les personnages de Liturgie sont des taiseux et les sentiments ne se montrent pas. Pas de place pour les états d'âme. On y retrouve "le silence rugueux qui vient de ce monde où j’ai commencé, un monde où les mots servent à dire des choses utiles, ou à parler des autres, mais pas à se dire, soi. Se dire est obscène ; on se tait. Les personnages de mes livres se taisent, ils n’expliquent rien, ne s’expliquent pas, et je les montre seulement en train d’exister au ras des choses." comme l'écrit Marie-Hélène Lafon ici.
Dans la langue syncopée et quasi hypnotique qui m'avait déjà charmée dans L'Annonce, Marie-Hélène Lafon dresse les portraits rugueux d'êtres enfermés dans la solitude qui luttent sourdement contre leur destin. Et de la terre natale de Marie-Hélène Lafon, le Cantal, de "l'enfance et les origines paysannes, plantées dans la terre" naît la beauté, entre rudesse et fragilité.

 

Liturgie de Marie-Hélène Lafon. Buchet/ Chastel - 2002.

Publié dans : Des nouvelles du monde
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La vie à bord

21 juillet 2012

 

De retour !


 

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